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lundi 21 septembre 2020

RISQUE SANITAIRE, CASSE SOCIALE, IMPOSONS DES RÉPONSES ANTICAPITALISTES !

 

La journée nationale de grève et de manifestations du jeudi 17 septembre , s’est inscrit dans une situation marquée à la fois par une reprise de la pandémie et une offensive antisociale très lourde.

Avec pour point commun un pouvoir à la manœuvre, incapable d’assurer notre protection sanitaire et tout dévoué aux intérêts des capitalistes.

Le gouvernement joue avec nos vies

L’intervention du Premier ministre Castex vendredi 11 septembre est édifiante. S’il a bien souligné le regain d’intensité de la circulation du Covid-19 et l’augmentation sensible du nombre d’hospitalisations, ce n’est que pour mieux réaffirmer une ligne qui ne marche pas.

« La stratégie ne varie pas », malgré les critiques sur la gestion de la crise sanitaire, dont le positionnement sur le port du masque qui a changé du tout au tout depuis le début de l’épidémie.

Pire, pour mieux s’exonérer de ses responsabilités, le gouvernement stigmatise la population, en particulier les jeunes ou les quartiers populaires accusés de « relâchement »...

Pour Castex et ses amis, éviter « de devoir mettre entre parenthèse notre vie sociale, culturelle, économique, l’éducation de nos enfants et notre capacité à vivre normalement », c’est une belle formule qui masque une seule obsession : assurer la continuité de la « vie économique » pour assurer les profits de quelques-uns. L’important reste

que les enfants soient à l’école

et les parents au boulot !

Toute la vie sociale est mise en danger,

mais ce pouvoir est incapable de planifier

une lutte efficace contre la pandémie.

Nous ne paierons pas la crise

« J'ai du mal à comprendre très honnêtement cette grève. (...) J'ai l'impression d'une grève par habitude... ». Le ministre des Transports Djebbari ne doit pas vivre dans le même monde que nous.

Alors que le fameux plan du gouvernement « France relance » a pour unique but d’offrir des dizaines de milliards d’euros aux entreprises, c’est-à-dire au patronat et aux actionnaires, les plans de licenciements et les suppressions d’emploi s’accumulent…

Renault, Nokia, Général Electric, l’ensemble de la sous-traitance dans l’automobile ou l’aéronautique, avec pour couronner le tout Auchan, où la richissime famille Mulliez veut se débarrasser de 1400 salarié.e.s !

Dans les services publics, il faudrait multiplier les postes, à commencer par la santé. Sans surprise, le « Ségur » n’a débouché sur aucun recrutement pour permettre à l’hôpital et aux EHPAD de remplir leurs missions et aux personnel de travailler dans des conditions acceptables.

Rien n’a été fait pour que l’hôpital puisse sereinement faire face à la deuxième vague, alors qu’il aurait fallu ouvrir en nombre des lits de réanimation et embaucher 100 000 soignant.e.s dans les hôpitaux et les EHPAD. Et dans l’éducation nationale aussi, les tensions sont fortes.

Des mesures d’urgence pour notre camp social, vite !

Pour faire diversion tout en cherchant à nous diviser, le pouvoir fait sienne la démagogie raciste et sécuritaire de l’extrême droite : lutte contre le prétendu « ensauvagement », projet de loi contre le « séparatisme », interdiction de distribution de l’aide alimentaire aux migrant.e.s comme à Calais…

C’est la protection du monde du travail

et la lutte contre l’injustice sociale

qu’il faut imposer.

Des mesures d’urgence sanitaires, à commencer par la distribution de masques gratuits, des embauches dans la santé et l’ensemble des services publics, la diminution du temps de travail (pour intégrer les gestes barrières et le port du masque et s'attaquer au chômage)…

Pour répondre à la situation sociale dramatique, il faut imposer l’interdiction de tous les licenciements, l’embauche des précaires, le partage du travail entre tou.t.e.s sans perte de salaire, et l’augmentation des salaires et des minima sociaux.

Les premières journées de mobilisation de septembre(le 12 avec les gilets jaunes et le 17 avec les syndicats) doivent être les premiers jalons d’une riposte à construire tou.t.e.s ensemble !


mercredi 2 septembre 2020

RENTRÉE SOCIALE : IMPOSONS NOS URGENCES SANITAIRES, ECONOMIQUES ET ANTIRACISTES !

Pour organiser une rentrée « presque normale », c’est-à-dire les enfants à l’école, les parents au boulot, les privé.e.s d’emploi contraints d’accepter ce qu’on leur propose, la seule mesure sanitaire prise par le gouvernement est d’imposer les masques à peu près partout...

Notre santé, pas leurs profits !

Masques obligatoires, mais payants, même pour les enfants à l’école, tout en brandissant la double menace des amendes et de la possibilité de confinements partiels...

La politique de santé publique de ce gouvernement, c’est de faire retomber la responsabilité intégrale sur chaque personne individuellement.

Si le masque est obligatoire, il doit être gratuit et adapté aux besoins des activités sociales. La gratuité, ce n’est pas seulement que les entreprises ou les employeurs publics équipent leurs salarié.e.s. Nous sommes toutes et tous également des usager.e.s.

La protection sanitaire doit être un droit et non un coût.

Cette crise nous a durement rappelé l’importance de défendre nos services publics, gratuits et accessibles à toutes. Cela passe notamment, comme le réclame le personnel hospitalier mobilisés en première ligne de cette épidémie, par des embauches massives de personnels dans tous les services publics (santé, éducation, transports collectifs, production et distribution de l’énergie…).

Au lieu de ça, le gouvernement déverse des milliards pour aider des entreprises prétendument en difficulté et pour financer le chômage partiel et les licenciements.

C’est tout le sens du prétendu « plan de relance » présenté cette semaine par le gouvernement.
Interdire les licenciements, c’est aussi former et embaucher dans les services publics les salarié.e.s que leurs employeurs veulent mettre au chômage.

C’est imposer la diminution du temps de travail pour partager le travail entre toutes et tous. Cela passe par la discussion sur les productions de biens et de services utiles à la population, contre celles qui ne servent qu’à produire des profits et mettent en danger la santé de la planète et des être humains.

Enfin, assurer notre protection sanitaire et économique, cest aussi combattre toutes les inégalités qui se maintiennent par des rapports doppressions.

Les mobilisations des migrant.e.s, mais aussi celles de la jeunesse contre le racisme et les violences policières, ont mis en évidence le racisme d’État.

Déconfinons nos colères !

Face à la crise sanitaire et la crise économique, les plus fragiles paient le prix le plus fort. Les premier.e.s touché.e.s par la pandémie sont les habitant.e.s des quartiers populaires, les premier.e.s licencié.e.s sont les salarié.e.s en contrats précaires, à temps partiel, voir non déclarés.

À cela s’ajoute la violence et la répression de ce gouvernement autoritaire qui tape dabord dans les milieux populaires et sur celles et ceux qui relèvent la tête.

Enfin, pour joindre le geste à la parole, ils accompagne cette violence d’un discours culpabilisateur et accusateur issu de l’extrême droite : « l’ensauvagement » repris sans complexe par Darmanin, Castex et Cie.

La meilleure réponse aux attaques ignobles de journaux dextrême droite comme Valeurs actuelles ou le déferlement de haine sur les réseaux sociaux pouvant aller jusquaux menaces de mort, cest le développement et lalliance de tous nos combats.

Soyons prêts à lutter tout.e.s ensemble en cette rentrée :
dans la rue le samedi 12 septembre avec les Gilets jaunes,
et en grève le jeudi 17 septembre
comme premier rendez-vous de lutte
contre la politique du gouvernement Macron-Castex.

Il faudra également être massivement dans la rue le 17 octobre pour la régularisation des sans-papiers, et la liberté de circulation alors que chaque jour des centaines de migrant.e.s mettent leur vie en jeu en Méditerranée ou dans la Manche.

En cette rentrée,
le port du masque est nécessaire
mais cela ne nous fera pas taire !


lundi 13 avril 2020

PENDANT LA CRISE PANDÉMIQUE, ZÉRO REVENUS = ZÉRO LOYER !

Communiqué du NPA du 13 avril 2020


Le logement est devenu avec l'obligation du confinement le lieu essentiel de résistance au virus. Or il n'y a quasiment rien eu dans les décisions gouvernementales en soutien aux habitant.e.s confiné.e.s des quartiers populaires.

Macron a tout de suite annoncé des reports de charges, de loyer pour les entreprises... mais rien en ce qui concerne les habitant.e.s si ce n'est un report de deux mois de la fin de la trêve hivernale.

Un minimum bien insuffisant.

Les revenus de beaucoup de salarié.e.s sont remis en question, par le chômage technique, par l'arrêt des missions d'intérim, par la garde des enfants souvent faite par les femmes, par la disparition des boulots précaires, alors que les dépenses sont en hausse : plus de cantines scolaires ou de restaurants d'entreprise, des repas à la maison plus nombreux, davantage de charges d'eau et d'électricité, le prix des denrées de première nécessité en hausse...

Il n'est pas acceptable que les salarié.e.s se voient précarisés dans leur logement alors qu'ils doivent faire face à une pandémie dont ils ne sont pas responsables. Déjà qu’une grande partie du monde du travail paient le prix fort en continuant à travailler, s'exposant au virus, vivant dans des logements modestes...

Le gouvernement doit prendre immédiatement des mesures de soutien aux locataires, ce qui passe par l'exonération des loyers pour la période du confinement applicable à tous les bailleurs publics ou privés.

Il doit annuler toutes les poursuites pour dettes et les procédures d'expulsion engagées dans cette période.

Il doit prolonger la trêve hivernale jusqu'en mars 2021, prononcer un moratoire sur les crédits immobiliers des propriétaires occupants, et réquisitionner les logements vides pour mettre à l'abri les sans logis ou mal logés.

De plus, ce gouvernement a engagé une réforme de l'APL en 2018 qui a ponctionné les bailleurs sociaux pour renflouer ses caisses, fragilisant le logement social.

Aujourd'hui il doit rendre l'argent qui doit servir au soutien des habitant.e.s face à la pandémie.

Le NPA soutient toutes les mobilisations, les appels, les pétitions qui se multiplient et qui exigent ce plan d'urgence.

Il appelle à l'unité de toutes et tous pour imposer ces mesures vitales.


samedi 4 avril 2020

CORONAVIRUS : UN GOUVERNEMENT INCOMPÉTENT, DES MESURES ANTICAPITALISTES À PRENDRE DE TOUTE URGENCE

Édouard Philippe a osé déclarer samedi soir qu’« il ne laissera personne dire qu’il y a eu du retard dans les décisions ».

Une illustration de plus de la pitoyable et mortifère politique du gouvernement. Mais, à force de mensonges, de déclarations contradictoires, la population est devenue de moins en moins encline à croire les messages gouvernementaux.

Pouvoir incompétent

Après avoir nié la gravité voire l’existence de la pandémie, le gouvernement a retardé la mise en place de mesures qui devenaient de plus en plus urgentes.

Sous la pression d’une partie d’un patronat voulant préserver le plus longtemps possible l’activité économique, le gouvernement a fait perdre de précieuses semaines à la lutte contre la pandémie.

Et, pendant ce temps, le président allait au théâtre...

Le 12 mars au soir, Macron annonçait la fermeture les établissements scolaires, critiquée le midi même par le ministre de l’Éducation nationale.

Il présentait surtout des mesures pour soutenir l’activité économique, mais rien d’autre qu’une « héroïsation » des personnels de l’hôpital public, tout en maintenant le premier tour des élections municipales.

Quelques jours plus tard, reconnaissant la gravité de la situation, il réprimait les comportements jugés « irresponsables ».

Le samedi suivant, alors qu’un conseil des ministres était convoqué pour prendre des mesures contre la pandémie... il s’en sert pour accélérer la procédure de vote de la contre-réforme des retraites, sans avancer de mesures concrètes pour fournir les moyens humains et matériels indispensables pour affronter la pandémie !

Des mesures contre les travailleurs, peu pour la santé

Après des semaines à mentir, à nier l’évidence, Macron et Véran se présentent aujourd’hui en sauveurs suprêmes, commandant masques, gel hydroalcoolique, respirateurs, etc. après en avoir organisé la pénurie et retardé les commandes et fabrications.

Tout cela en se gargarisant de l’ouverture de lits dans les hôpitaux qu’eux et leurs prédécesseurs ont fermés par dizaines de milliers !

Ils se gardent de prendre des mesures radicales comme l’arrêt de toute activité non liée aux soins des malades et aux besoins essentiels de la population.

Pas question non plus d’imposer une protection efficace des salarié.e.s exerçant dans le cadre d’activités indispensables.

La ministre du Travail préfère empêcher les travailleur/se.s de faire usage de leur droit de retrait et faire pression sur les inspecteurs du travail pour qu’ils se contentent de conseiller les employeurs.

Plutôt que d’imposer des embauches, ils préfèrent allonger le temps de travail, réduire les temps de repos, imposer des prises de congés pendant le temps du confinement...

Imposer les réponses aux besoins essentiels

Les mesures radicales indispensables sont connue et restent à prendre : dépister massivement, arrêter les activités non indispensables, fournir du matériel, soigner.

Pour cela, il faut restructurer la production afin de fournir le plus rapidement possible masques, produits et matériels pour tester la population, appareils respiratoires.

Réquisitionner tous les secteurs privatisés dans la santé :hôpitaux, cliniques, centres médicaux, EHPAD, industrie pharmaceutique...
Embaucher massivement sous statut dans la santé, y réduire le temps de travail et y revaloriser les salaires. Interdire les licenciements, y compris des précaires.
Réduire au maximum le nombre des prisonnier.e.s. Ouvrir les centres de rétention. Arrêter les procédures d’expulsion et réquisitionner les logements nécessaires pour faire cesser la précarité dans l’habitat.

Nous n’avons aucune d’illusion.

Ce n’est pas ce gouvernement, responsable après tant d’autres de l’affaiblissement de notre système de santé, qui prendra ces mesures.

Nous devrons les imposer par nos mobilisations, avec l’objectif d’un indispensable changement radical de société pour répondre à la satisfaction des besoins essentiels.


mardi 10 mars 2020

CORONAVIRUS, CRISE ÉCONOMIQUE, RETRAITES : VITE, IL FAUT DES MESURES DE RUPTURE AVEC LE CAPITALISME

Lundi 9 mars, les cours du pétrole ont chuté de 25%, tandis qu’en deux semaines, les cours du CAC 40 ont chuté de 15%.

Les analystes économiques anticipent un arrêt de la croissance, voire une récession.

Le Coronavirus est l’élément déclencheur d’une crise qui devait éclater à un moment où à un autre.

Une crise économique qui vient de loin

Cela faut plusieurs mois que la date des États, des grandes entreprises et des ménages augmente très fortement. La production, dans de nombreux pays, a fortement ralenti.

Comme pendant la crise de 2009, les gouvernements n’ont qu’une idée en tête : aider les banques et les grandes entreprises, en leur versant des centaines de milliards d’euros.

Les attaques contre les retraites, l’assurance chômage, mais aussi contre les services publics ont pour objectif de faire passer des milliards de nos poches à celles du grand patronat.

Ils veulent nous faire payer leur crise, une crise qui a des conséquences multiples : la misère pour des milliards de personnes, le dérèglement climatique, la réforme des retraites et la pénurie dans les hôpitaux, qui rend très difficile la gestion de l’épidémie.

La violence du pouvoir

Les mobilisations sont très importantes face à la dégradation globale de nos conditions de vie, notamment contre la réforme des retraites et contre les violences faites aux femmes.

Le pouvoir veut passer en force, avec l’utilisation du 49-3 pour la réforme des retraites afin de museler le débat parlementaire et essayer de prendre de vitesse la mobilisation.

Le débat à l’Assemblée, qui n’est déjà pas représentatif de la volonté des classes populaires, c’est encore trop démocratique pour Macron et la bourgeoisie !

Le passage en force, c’est aussi la répression qui s’est abattue sur les manifestations féministes des 7 et 8 mars, et dans de nombreuses manifestations de ces dernières années.

À nous de réagir

La crise économique démontre que nous n’avons plus le choix : il nous faudra soit subir de nouvelles attaques, terribles contre les droits de l’ensemble des classes populaires, soit réagir, imposer un rapport de forces.

Après les manifestations du 8 mars, celles des Gilets jaunes le 14 mars, la mobilisation dans l’enseignement supérieur, les manifestations du 21 mars contre le racisme et les violences policières et la future grève du 31 mars contre la réforme des retraites nous donnent des perspectives.
Mais, pour gagner, nous avons besoin d’un grand « tout.e.s ensemble », d’une grève de masse pour imposer des mesures d’urgence :
le retrait de la réforme des retraites ;
l’embauche d’un million de personnes dans les services publics, notamment, en urgence, dans les hôpitaux ; le maintien des salaires ou des indemnités chômage en cas de chômage partiel ou de confinement, l’interdiction de toute mesure de restructuration ou de suppressions d’emploi (y compris les intérimaires), la suspension des versements de dividendes aux actionnaires ;
le partage du temps de travail sans perte de salaire pour éradiquer le chômage ; la réquisition des banques et l’annulation de la dette publique et des dettes des ménages.

Voilà le type de proposition que nous devons imposer par la lutte, et que le NPA porte également dans les élections municipales, comme la revendication de la gratuité des transports ou la réquisition des logements vides, avec les listes auquel il participe.

Le NPA, là où il n’est pas présent, appelle à voter pour les listes qui s’opposent à la politique du gouvernement Macron, qui portent un programme de rupture avec le capitalisme, qui ne sèment aucune illusion sur les vertus du seul bulletin de vote ou des voies institutionnelles, notamment les listes présentées par Lutte ouvrière.


vendredi 28 février 2020

FACE AU CORONAVIRUS : VÉRITÉ, TRANSPARENCE, SOLIDARITÉ ET SERVICE PUBLIC

Communiqué du NPA DU 27 février 2020

 
Partie de Chine, l’épidémie de coronavirus s’étend progressivement à toute la planète. Elle se développe en Asie, au Moyen-Orient (Iran), en Europe, où l’Italie est particulièrement touchée, en Amérique Latine (Brésil).

On peut être extrêmement inquiet des effets quaurait son développement probable en Afrique.

Ce soir lannonce brusque de 20 nouveaux cas laisse présager une extension en France.

Sida, Ebola, SRAS, Zika, dengue hémorragiqueles grandes épidémies sont de retour, attisées par les effets dun capitalisme mondialisé. Celui-ci est en effet, dans une seule logique du profit, à l’origine de la circulation irrationnelle et inutile des marchandises et des hommes, du réchauffement climatique, de lentassement de populations dans des mégapoles, de labsence de services de santé fiables accessibles à tous. 

Les propos lénifiant des gouvernements assurant que « tout est sous contrôle » ne sont pas de mise. Lexploitation des craintes légitimes de la population, par la droite et l’extrême droite, les « remèdes miracles » quelles préconisent comme la fermeture des frontières ne le sont pas davantage.

Nen déplaise aux Le Pen et autres Ciotti, le virus ne sera pas stoppé par la police aux frontières, et faire croire le contraire, en attisant la méfiance ou la haine à l’égard de « l’étranger », ne peut quaggraver les peurs et favoriser la propagation de la maladie.

En labsence dantiviraux et de vaccins efficaces, comme dans toute les épidémies de ce type, linformation diffusée rapidement à l’ensemble de la population, les mesures barrières (masque, lavage des mains), lisolement des malades, leur transport direct vers les services spécialisés sans passer par les urgences, le suivi rapproché des personnes qui ont été en contact avec les malades pendant au moins les 7-14 jours de lincubation, la protection stricte du personnel médical en contact avec les malades, sont les seuls moyens d’éviter la propagation de l’épidémie.

Comme dans toutes les circonstances dramatiques, le pouvoir ne manque pas dencourager et de saluer dune larme les fantassins de la santé envoyés au front pour combattre le virus. Emmanuel Macron ny a pas manqué ce matin en se rendant à l’hôpital Pitié-Salpêtrière.

Lui qui, poursuivant l’œuvre de ses prédécesseurs, a organisé les coupes sombres dans les budgets hospitaliers, impose sur tout le territoire les fermetures des services clés des hôpitaux comme les urgences, refuse de répondre aux revendications des soignants en grève depuis des mois, a eu laudace de leur déclarer : « Je compte sur vous et vous pouvez compter sur moi pour qu'on agisse ensemble… » !

Personne ne doute de lengagement des personnels hospitaliers dans la lutte contre l’épidémie, comme ils ont été au rendez vous lors des attentats de 2015.

Mais ils sont les premiers à savoir que cet engagement a ses limites, dans un hôpital fonctionnant à flux tendu, avec des urgences débordées, des lits et des effectifs de personnel manquant, des soignant.e.s épuisé.e.s.

Ceux-ci et celles-ci
doivent toujours faire plus avec moins.

Les recrutements deviennent de plus en plus difficiles, en raison de la pénibilité du travail, des bas salaires, et aujourdhui le recul prévu de l’âge de la retraite. 

La lutte contre l’épidémie rend encore plus urgente la défense de l’hôpital public, la satisfaction des exigences des personnels hospitaliers, lattribution des moyens qui lui sont indispensables.

La santé et parfois la vie
de celles et ceux quil doit soigner en dépendent.


mercredi 20 novembre 2019

PLAN D’URGENCE HÔPITAL : ILS N’ONT RIEN ENTENDU, FRAPPONS PLUS FORT !

Communiqué du NPA du 20 novembre 2019

Macron, Philippe et Buzyn disaient avoir « entendu » la colère du monde hospitalier. C’est pourtant l’image d’un gouvernement sourd et aveugle que donne le 3e plan de sauvetage de l’hôpital annoncé en 6 mois, dévoilé ce matin par le Premier ministre et la ministre de la Santé.

Pas plus que les précédents
il n’apporte de réponse à la crise de l’hôpital.

Le plan se concentre sur une question : favoriser la relance de l’investissement hospitalier, plombé par l’austérité et l’endettement qui en a résulté auprès des banques.

Pour un tiers, cette dette sera reprise par l’État. Et encore : seuls les « bons élèves », ceux qui accepteront les restructurations imposées, seront servis.

Mais ce « plan d’urgence » ne répond en rien aux véritables urgences pour lesquelles se battent les hospitalier.e.s depuis des mois : le manque de personnel, qui entraîne les fermetures de lits et de services, la surcharge des urgences, l’épuisement des soignant.e.s, la perte de sens du travail.

Le gouvernement présente comme une « avancée » le passage de l’enveloppe budgétaire hospitalière annuelle de 2,1 à 2,5 %… quant il en faudrait 4,4% pour maintenir simplement la situation existante. « L’effort » gouvernemental consiste donc à retirer quelques dizaines de millions aux 900 millions d’économies annuelles imposées aux hôpitaux sur les 3 ans à venir.

Belle « avancée » !

Sur le terrain, rien ne va donc changer : services bondés en permanence, attentes sur des brancards pendant des heures aux urgences, personnels épuisés et débordés.

Quant aux rémunérations insuffisantes qui rendent inattractives les carrières hospitalières, la seule réponse du gouvernement est un saupoudrage scandaleux.

Quelques miettes, sous forme de primes pour certaines catégories : les bas salaires… en Île-de-France, les « métiers en tension », les aides-soignantes des EHPAD.

Une gifle pour celles et ceux qui revendiquent 300 euros par mois pour toutes et tous : simple rattrapage du blocage des salaires imposé depuis 10 ans.

Loin d’abandonner la perspective de l’hôpital entreprise, le « plan d’urgence » va au contraire accélérer la transformation d’une partie du corps médical en managers pour leur mettre « les mains dans le cambouis » de la gestion de l’austérité.

La réponse à ces annonces va de soi : il est nécessaire de passer à la vitesse supérieure dans la mobilisation, de généraliser le mouvement de grève des hôpitaux à l’ensemble des services, en utilisant tous les moyens d’action capables d’imposer un rapport de forces au pouvoir.

La participation massive aux journées du 30 novembre et du 5 décembre y contribuera.

Pour faire reculer ce pouvoir, qui ne « lâche rien », il y a aussi urgence à faire converger les colères et les luttes à partir du 5 décembre.


mercredi 14 novembre 2018

BLOQUER L’OFFENSIVE GOUVERNEMENTALE, TAXER LES PROFITS, AUGMENTER TOUS LES REVENUS

Ce samedi 17 novembre ont lieu de nombreux « blocages » contre les hausses du prix des carburants. Lancé au départ comme un mouvement citoyen, largement appuyé par les patrons du transport et relayé par la droite et l’extrême droite, cet appel rencontre aujourd’hui un large écho dans les milieux populaires.

Indépendamment des calculs des uns et des autres, de larges secteurs se saisissent de cette mobilisation pour exprimer leur mécontentement contre un gouvernement au service des riches qui fait les poches aux pauvres.

Une colère légitime

En effet, le prix du carburant a explosé de façon spectaculaire pour tous les automobilistes. Ainsi, le prix du diesel a augmenté de 23% en un an et de 5% en un mois, de même pour l’essence : 15% d’augmentation pour cette seule année. Cela alors que le pouvoir d’achat a baissé en moyenne de 0,6 % sur le premier semestre 2018…

Dans le même temps, les patrons du transport sont eux globalement exonérés du paiement d’une grande partie de ces taxes.

Sommet du scandale, les multinationales, à commencer par le « fleuron français » Total, s’enrichissent de façon indécente… et ne paient aucun impôt sur les sociétés !

Outre qu’elles sont injustes socialement, ces taxes sur les carburants sont aussi inefficaces sur le plan écologique car toutes les raisons qui contraignent les travailleurEs à utiliser leurs voitures individuelles sont bien supérieures aux incitations fiscales à ne pas les utiliser.

« Tout augmente... sauf les salaires ! »

Cette période doit être l'occasion de mettre en avant des revendications essentielles. Ainsi, si nous défendons un impôt fortement progressif sur le patrimoine, les revenus, les entreprises... nous combattons les taxes, dont le taux est identique pour tout le monde, car ces impôts indirects aggravent les inégalités.

C'est pourquoi nous défendons la suppression de la TVA, à commencer par celle sur les produits de première nécessité. À l’inverse, il faudrait taxer les profits et, au-delà, réquisitionner les multinationales de l’énergie comme Total.

Nous avons besoin de développer des transports en commun gratuits pour en finir avec le « tout voiture », coûteux et nuisible pour l'environnement, en les augmentant et en les adaptant aux besoins (mode, maillage, fréquence...).

Augmentation de la CSG, baisse des APL, stagnation des salaires, désindexation des retraites, retour de l’inflation : notre pouvoir d’achat baisse alors que la rémunération moyenne des patrons du CAC 40 atteint 5 millions d’euros par an (plus de 280 années de Smic !).

Nos revenus, salaires et pensions, doivent être augmentés de 300 euros nets pour pouvoir enfin vivre dignement.

Reprendre l'initiative


Ces derniers jours, Macron manœuvre pour tenter de désamorcer la colère. Il a dû convoquer en urgence une réunion interministérielle qui a accouché de propositions qui, si elles devaient être confirmées, seraient bien insuffisantes au vu de l’ampleur du mécontentement.

Ce samedi 17 novembre, de nombreuses initiatives sont prévues, dans un cadre assez ambigu concernant les revendications et fluctuant sur la forme des actions, sur fond d’apolitisme revendiqué par les « gilets jaunes ».

Le NPA apporte son soutien à toutes les initiatives locales, en particulier celles issues du mouvement social, qui permettront au 17 novembre de porter en toute clarté, et sans se mêler à l’extrême droite, les revendications du monde du travail.

Au-delà de cette journée est plus que jamais posée la nécessité de construire une riposte d’ensemble contre la vie chère, pour l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat, pour la justice sociale.

La gauche sociale et politique
doit reprendre l’offensive :
il y a urgence.

mercredi 24 octobre 2018

DU BRÉSIL À L’UNION EUROPÉENNE : URGENCE ANTICAPITALISTE ET INTERNATIONALISTE FACE À L’EXTRÊME DROITE




La victoire promise à Jair Bolsonaro au second tour de l’élection présidentielle au Brésil est un événement de portée internationale. Elle exprime une tendance à l’œuvre dans l’ensemble des pays capitalistes « développés » : une montée en puissance des courants autoritaires, de droite extrême et d’extrême droite. 

Le 21 octobre, Bolsonaro déclarait, à propos de la gauche brésilienne : « Si cette bande veut rester ici, ils vont devoir se soumettre à la loi comme tout le monde. Ou ils s'en vont ou ils vont en prison. Ces marginaux rouges seront interdits [de séjour] dans notre patrie. » 

Une violence verbale coutumière chez celui qui a toutes les chances de devenir le prochain président brésilien, un nostalgique assumé de la dictature dont les outrances autoritaires, militaristes, sexistes, homophobes, racistes et anti-pauvres seraient trop longues à lister. 

Digues rompues

Des outrances que nombre de titres de la presse françaises ont présentées comme des « propos polémiques », comme si l’apologie de la torture, du viol ou des assassinats politiques méritait d’être qualifiée de la sorte.

Un euphémisme qui en dit long sur la banalisation d’idées et de courants politiques qui auraient été, il y a une vingtaine d’années encore, considérés comme des résurgences aberrantes d’un passé révolu. 
Italie, Hongrie, Autriche, Pologne… La liste est longue des pays européens dans lesquels l’extrême droite est désormais au pouvoir. Et la liste serait encore plus longue des États dans lesquels elle peut jouer, dans les années à venir, un rôle de premier plan.

Face à ce phénomène, les digues ont été rompues du côté des partis qui ont administré en alternance, pendant plusieurs décennies, les affaires des bourgeoisies européennes. Ainsi, c’est au déficit budgétaire de l’Italie que les institutions européennes s’intéressent le plus, à l’heure où Salvini se vante de renvoyer les migrantEs à la mer et où il prône un couvre-feu pour les « commerces ethniques ».

Les monstruosités proférées et mises en œuvre en Hongrie par Orban lui ont valu des remontrances du Parlement européen, mais son parti est toujours membre à part entière du Parti populaire européen (PPE), avec le soutien de la CDU de Merkel et des LR de Wauquiez…

Redonner confiance et espoir

Même si les formations d’extrême droite présentent des caractéristiques singulières, entre autres une vision ultra-autoritaires des rapports sociaux articulée à des projets de « régénération nationale » qui en font les ennemis mortels des jeunes, des salariéEs, des femmes, des LGBTI et des immigréEs, il ne faut pas être dupes de la mise en scène du prétendu affrontement à venir, lors des européennes, entre « progressistes » et « libéraux ».

Car les seconds se nourrissent des politiques menées par les premiers et de leur incapacité à juguler les effets économiques et sociaux d’une crise du capitalisme qui dure depuis 10 ans et qui accroît chaque jour un peu plus les inégalités, la misère et le désespoir.

Il est de la responsabilité des courants anticapitalistes et, au-delà, de toutes les forces progressistes, de ne pas céder un pouce, sur le terrain des idées et sur le terrain tout court, à l’extrême droite.

L’internationalisme et la solidarité internationale font partie des urgences de l’heure, et les récentes mobilisations de masse, du Brésil à l’Allemagne, doivent nous inspirer.

Il est enfin plus que jamais nécessaire de faire vivre la perspective d’un autre monde, débarrassé des oppressions et de l’exploitation, et de la rendre crédible, afin de redonner confiance et espoir, seuls antidotes face au pire qui, s’il n’est jamais certain, a désormais largement dépassé le statut de simple hypothèse.