
Les
résultats des élections européennes confirment la crise politique
en France comme en Europe : 50 % d’abstention, des votes
pour l’extrême-droite très élevés, des partis de gouvernement
globalement discrétisés mais qui sauvegardent leur capital
électoral.
Contre
le capitalisme, pour la justice sociale,
il
manque - encore et surtout -
une
voix pour le monde du travail.
L’extrême-droite
menace
Comme
en 2014, le Rassemblement national arrive en tête en s’appuyant
sur le rejet de l’Union européenne pour dévoyer les colères sur
le terrain du racisme et de la lutte du tout-e-s contre tout-e-s.
Avec
ses comparses en Italie, en Belgique ou en Hongrie, il incarne un
danger mortel : celui de la concurrence la plus féroce entre
les pays, avec les conséquences dramatiques qui en découleraient
pour les classes populaires, pour les femmes, pour les immigré-e-s,
et pour l’ensemble des droits démocratiques et sociaux.
Les
partis de gouvernement sauvent leurs places
Bien
que totalement désavoués par les mobilisations de ces derniers mois
, Macron et LREM parviennent à limiter la casse. De la même façon,
en Allemagne et dans l’État espagnol, la droite ou le PS se
maintiennent bien que leurs politiques aient aussi été rejetées
par les populations. Ces forces vont dominer le futur parlement
européen, ce qui montre une fois de plus le caractère
antidémocratique de ces institutions.
Ces
formations se présentent comme des remparts contre l’extrême-droite.
Mais ce sont les politiques qu’elles mènent, de casse des droits
sociaux, de privatisations, de mépris contre les classes populaires,
qui nourrissent en réalité l’extrême-droite.
Les
Verts ont remporté des scores importants en s’appuyant sur des
préoccupations écologiques grandissantes et des mobilisations pour
la justice climatique. Avec aux alentours de 30 % des voix, les
partis de gauche sont globalement au plus bas, payant leur
participation aux politiques libérales, notamment dans le cadre de
l’Union européenne, leur division et les difficultés de
mobilisations sociales qui ont du mal à gagner.
Lutter,
débattre, construire
La
crise économique, sociale, écologique, va continuer à se renforcer
et le choix à faire est de plus en plus net : soit
l’extrême-droite prend de plus en plus de place - jusqu’au
pouvoir ? - car les partis de gouvernement n’arrêteront
pas son avancée, soit le monde du travail parvient à surmonter ses
faiblesses pour construire une véritable alternative aux politiques
libérales et/ou nationalistes.
Il
est vain de vouloir aménager le système. Nous avons besoin d’une
gauche radicale, indépendante des institutions, anticapitaliste et
internationaliste, pour la rupture révolutionnaire avec le système,
et dont le centre de gravité est la défense concrète du monde du
travail.
Il
y a urgence à construire une représentation politique pour tous les
exploité-e-s. Sans nier les désaccords qui existent, par la
discussion et la confrontation des points de vue, nous voulons
œuvrer à l’unité de notre camp social, être capable de s’unir
pour agir contre le gouvernement, contre la répression, pour nos
revendications sociales, démocratiques et écologiques.
Il
est déjà possible de se coordonner pour que les luttes gagnent
ensemble au lieu de perdre les unes après les autres.
Pour
ces mobilisations, à ce travail de construction, urgent et
nécessaire, le NPA entend prendre toute sa part.