Depuis
le feu vert xénophobe acté par l’adoption de la loi
Darmanin-Ciotti-Le Pen sur l’immigration, le préfet du Puy-de-
Dôme a décidé de durcir sa politique d’hébergement, quitte à
livrer des familles entières aux dangers de la rue. Plusieurs
dizaines de familles avec des enfants se retrouvent ainsi sans toit
et voient leurs droits les plus élémentaires bafoués.
Ailleurs,
à Clermont-Ferrand, c’est une cinquante de Mineurs non accompagnés
qui sont sans prise en charge suite à leur abandon par le Conseil
Départemental du Puy-de-Dôme. Contrairement à ce qu’affirme le
Préfet dans les médias, les exclusions de l’hébergement
d’urgence concernent bien des familles et des personnes dans les
situations les plus diverses.
Contre
le droit, contre les principes mêmes d’humanité et d’accueil
élémentaire, cette population déjà la plus vulnérable est
sacrifiée sur l’autel d’une logique comptable xénophobe et
indigne.
Dans
un pays où les riches sont toujours plus riches, les préfectures
veulent faire des économies sur le dos des plus pauvres. Les
services administratifs manquent cruellement de moyens. La
dématérialisation à tous les niveaux casse l’accès aux droits
pour les personnes migrantes.
Non-contentes
de fabriquer des sans-papiers,
les
préfectures rivalisent aujourd’hui
pour
fabriquer des sans-logis.
Il
semble qu’il s’agisse bien de montrer à la population que les
pouvoirs publics sont durs avec les migrant.e.s. A l’approche des
élections européennes des familles déjà fragilisées se
retrouvent transformées en matériel électoral pour montrer que le
gouvernement, son ministre de l’intérieur et ses préfets peuvent
faire aussi bien que les promesses de l’extrême-droite.
Confrontées
au harcèlement policier et administratif systématique conduit par
la Préfecture, ces familles, soutenues par des militant.e.s et des
citoyenn.e.s, ont décidé de s’unir pour exiger ensemble le
respect de leurs droits.
La
maison du peuple de Clermont-Ferrand est ainsi devenue un « refuge »
d’où la solidarité et la lutte s’organisent depuis une dizaine
de jours.
C’est
de là-bas qu’un appel à un Asile Municipal a été
lancé au Maire de Clermont-Ferrand.
C’est
de là- bas que se multiplient les initiatives de solidarité.
C’est
de là-bas enfin que s’organise la lutte pour contraindre les
pouvoirs publics d’enfin prendre leurs responsabilités pour enfin
mettre un terme à cette situation qui fait honte à notre pays, à
notre ville.
Dans
une ville comme la nôtre, qui s’est construite sur la solidarité
et l’humanité de ses habitant.e.s, il est inconcevable de
continuer à voir des petit.e.s clermontois.e.s dormir à la rue,
pour servir de caution à la politique xénophobe du gouvernement.
Certaines
de ces familles sont clermontoises depuis des années et ne sont pas
expulsables. Il est impératif de les régulariser pour les sortir de
cette extrême précarité.
Seule
la régularisation
de
l’ensemble des familles
permettra
de trouver
une
issue digne à cette situation.
Pour
faire vivre la lutte et la solidarité,
soutenez
-nous,
rejoignez-nous
!
Ces
personnes ne sont pas dangereuses !
Elles
sont en danger !
Un
toit c’est un droit !
Goûter
solidaire
animé
par le groupe Cool Cats
Samedi
27 avril 2024
à
18H à la maison du peuple
De
nombreuses villes vivent la même situation et ses habitant.e.s se
mobilisent(Paris, Marseille, Blois), des liens se mettent en place
afin de partager les expériences de chacun pour éviter l’isolement
et amplifier le rapport de force pour obtenir satisfaction.
Un
communiqué commun a été publié suite à une AG avec les
représentant de ces villes, le mercredi 24 avril
Clermont-Ferrand,
Marseille, Paris, Blois :
le
réseau de résistance et de solidarité
avec
tou.te.s les migrant.e.s s’organise !
Partout
en France, les lois racistes et liberticides bafouent les droits
fondamentaux des migrant.es et
portent atteinte à la dignité humaine. La loi immigration est
passée, les préfectures exécutent les ordres de Darmanin pour «
rendre la vie impossible aux migrant.e.s ».
Depuis
plusieurs semaines, les expulsions menées violemment s’intensifient,
mettant à la rue des familles avec enfants, des mineur.es isolé.es,
des demandeurs d’asile… À Paris, le nettoyage social pour les
JOP est opéré sans retenue par la police dans les squats, dans les
rues.
Face
à ces politiques indignes et à l’acharnement gouvernemental,
la
solidarité s’organise !
À
Paris,
le Collectif des Jeunes du Parc de Belleville est né à la mi
septembre 2023, au sein du campement de fortune, avant l’opération
d’évacuation du mois d’octobre. Depuis, ce collectif s’est
développé, rassemblant toujours plus de mineur.es en
recours et de soutiens solidaires qui se réunissent chaque semaine
et mènent de nombreuses actions.
Grâce
à ces actions (action à la Maison de l’air, intervention lors des
vœux du Maire du 20ème arrondissement, lors du discours d’Anne
Hidalgo à l’occasion du débat citoyen « Paris, ville d’accueil
et d’intégration », occupation de l’Académie du climat et de
l’établissement culturel du Centquatre,…), ce sont plus de 500
places d’hébergements précaires dans des gymnases qui ont été
arrachées à la Ville de Paris.
En
réponse au renforcement du harcèlement policier sur les mineur.es à
la rue et aux menaces d’expulsion des gymnases pour des
déplacements en province, le collectif occupe la Maison des métallos
depuis le 6 avril.
Les
jeunes en ont fait un lieu de lutte pour s’organiser et visibiliser
leurs revendications sur l’école, la santé, la justice, les
transports, le logement. Depuis, la mobilisation s’amplifie.
Le
12 avril, ce sont 2000 personnes qui ont manifesté aux côtés du
collectif dont de nombreux syndicats, à l’appel de la Marche des
solidarités et de la Coordination Sans-papiers 75.
La
convergence des luttes s’organise avec et autour du Collectif des
Jeunes du Parc de Belleville.
À
Clermont-Ferrand,
tout le Réseau Éducation Sans Frontières, des syndicats, des
groupes politiques et des associations se mobilisent pour soutenir
les jeunes et les familles sans logement.
Des
Mineur·es Non Accompagné·es, après avoir été expulsé·es du
squat qu’ils occupaient, ont été mis à l’abri par le collectif
YapasMieux
et RESF dans un centre associatif et chez des clermontois·es
solidaires.
Des
familles se sont installées Place de 1er Mai sous tentes. Avec
le soutien des militant·es, elles se sont octroyées l’asile
municipal dans la salle de la Maison du peuple.
Depuis,
la lutte pour loger les jeunes et les familles ne faiblit pas :
plusieurs manifestations, un rassemblement de 400 personnes devant la
préfecture, une conférence de presse du secours populaire à
laquelle plus de 100 personnes ont assisté, et une soirée le 18
avril qui a regroupé des centaines de Clermontois·es solidaires.
La
lutte s’intensifie, les Clermontois·es solidaires ne cessent de
dénoncer les manquements de l’État. À ce jour, ce sont une
cinquantaine de personnes, enfants, demandeurs d’asile et
réfugié·es et 30 mineur·es non accompagné·es qui ont trouvé un
toit sous les tentes de la Maison du peuple et Centre Jean Richepin.
À
Marseille,
Le collectif Marseille contre Darmanin accompagne les Mineurs Non
Accompagnés dans leurs demandes de scolarisation et d’accès à
des conditions de vie décentes.
Une
convergence des luttes a eu lieu le 2 avril où les MNA et la manif
de l’éduc ont marché ensemble pour une école pour tou.te.s. Un
rassemblement a eu lieu devant la DSDEN pour demander la
scolarisation des mineurs. La délégation syndicale reçue s’est
heurtée à un mur, l’inspection générale ne veut ni recevoir ni
scolariser les mineurs.
Ce
mépris s’inscrit dans une dynamique de faire des économies sur le
dos des exilés comme le dénonce le collectif de profs UPE2A qui ont
saisi le défenseur des droits.
Ce
vendredi 19 avril les jeunes de différents squats se sont réunis en
AG et ont exposé leurs revendications et leur volonté de
mobilisation à une assemblée de soutien. Il est prévu ce samedi
d’interpeler le département en se mobilisant avec les jeunes.
À
Blois, depuis
le 25 mars, les familles et la Cimade se sont mobilisées pour
alerter de l’imminence des expulsions de leurs hébergements
d’urgence. Celle-ci sont effectivement arrivées.
Dès
la semaine du 8 avril, les familles, les associations, collectifs,
syndicats et organisations politiques ont dû se rassembler devant
les hôtels les matins et la préfecture les soirs pour faire
pression sur le département et la préfecture.
Près
d’une centaine de familles avec enfants ont eu des fins de prises
en charge sans solutions. Durant les deux premières semaines, des
nuits ont été arrachées au 115 et au conseil départemental face
aux référés en cours et à la mobilisation. Pour autant, depuis le
début de la semaine, ces prises en charge se sont bels et biens
terminées malgré la mobilisation. Dès ce lundi, les mères et
enfants qui dépendaient du conseil départemental ont été
expulsées sans solution. Les premières nuits ont été prises en
charge par les logeurs, mais cette situation a très vite pris fin, à
partir du mercredi.
Les
affaires des familles ont dû être transportées en urgence en lieu
sûr, les familles et l’ensemble des collectifs et organisation
mobilisées ont occupé la préfecture l’après-midi afin de
demander une solution pérenne. Le préfet et son sous-préfet n’ont
pas daigné recevoir les acteurs de la mobilisation.
Face
à ce constat, les pressions se sont faites de plus en plus forte, et
les élus de la ville de Blois ont alors réussi à débloquer la
situation temporairement en ouvrant une école maternelle pour une
dizaine de jours. Cette solution n’est pas satisfaisante, et dès
la semaine prochaine, ce sont une quarantaine de familles qui seront
expulsées de leurs hébergements par le 115. Nous continuons la
mobilisation juridique et politique pour la régularisation et un
logement pour tou-te-s.
…et
s’organisent entre elles
De
Paris à Marseille, en passant par Clermont-Ferrand et Blois, face au
racisme et à la répression, nous avons les mêmes réponses :
résistance et solidarité !
Nos
collectifs ont commencé à échanger ces dernières semaines pour
partager nos constats de terrain, nos actions et se donner du
courage.
Nous
allons nous rencontrer prochainement pour renforcer nos liens,
partager nos revendications, mener des actions communes.
Nous
le savons, ensemble, nous sommes plus forts.
Nous
organisons de nombreux événements dans nos villes respectives ce
week-end, qui font écho les uns aux autres, et auxquels nous vous
invitons à participer :
Clermont-Ferrand
: un rassemblement en soutien aux familles à la rue, à la Maison
du Peuple samedi 27 avril à 18h à la suite de la marche en soutien
à la Palestine
Marseille
: un rassemblement est prévu samedi 27 avril pour interpeller le
département au J4 du MUCEM
Paris
: Manifestation vendredi 26 avril avec les collectifs de
sans-papiers pour être reçus en délégation par la Préfecture.
Rendez-vous Place de la République à 16h.
Blois :
Rassemblement devant l’hôtel Eco Blois à Vineuil le 30 avril dès
8h30 contre l’expulsion d’une vingtaine de familles.
Rejoignez
le réseau de résistance et de solidarité avec tou.te.s
les migrant.es !
Nous
invitons tous·tes celleux qui s’indignent de ces injustices et
violences, où que vous soyez en France, à rejoindre le réseau.
Contactez-nous
pour partager vos mobilisations et construire ensemble la résistance,
avec les premier.es concerné.es !